J’ai condamné ma voix intérieure au silence

J’ai condamné ma voix intérieure au silence

Depuis quelque temps ça va pas et je sais exactement pourquoi : j’ai condamné ma voix intérieure au silence.

Je suis complètement déconnectée de moi-même et pour avoir un sacré bagage d’introspection, je sais trop bien que c’est pas la méditation, les exercices de respiration ou n’importe quel autre truc du genre qui va me rebrancher.

Ces méthodes aident certainement, mais encore faut-il être disposé à les utiliser.

Je dois d’abord m’observer en profondeur, être attentive à chacun de mes états, de mes choix, de mes actions et de ce qui guident tous ça : découvrir qui est aux commandes.

Dans les dernières années, depuis que j’ai laissé mon statut d’employé pour enfiler les multiples souliers d’entrepreneur, je me suis tranquillement perdue.

Lentement, un oui à la fois, j’ai laissé tout et rien prendre une plus grande place que moi-même dans mon existence.

  • L’ordinateur ne fonctionne plus : appelle Sabrina.
  • J’ai un projet, j’ai besoin d’aide : demande à Sabrina.
  • Je me suis abonné à une niaiserie sur le web qui me coûte une fortune : appelle Sabrina.
  • J’ai besoin d’un service : demande à Sabrina.
  • Je ne comprends rien à ces affaires-la : appelle Sabrina.
  • Je ne sais pas quoi faire : demande à Sabrina.

Sabrina est forte, brillante, allumée et fucking déterminée alors elle va s’en occuper : elle va nous aider.

C’est le cas. Toujours prête à aider, rendre service, que ce soit pour affaires sérieuses ou un truc complètement ridicule. Elle est là pour rattraper les balles qu’on laisse tomber et même contribuer aux succès et à l’ascension des autres pourquoi pas?

Je vous entends déjà dire : « Ah, Sabrina cherche à se faire aimer alors elle essaie de sauver le monde. Elle a le syndrome du sauveur. Elle a un problème de confiance en soi et elle veut plaire à tout prix. »

Ça pourrait aussi être : « C’est parce qu’elle n’avait pas assez de vision et sa mission ne devait pas être claire dès le départ. C’est toujours le problème des gens qui se lancent en affaires… »

Vraiment, tu es libre de penser ce qui te plaît, mais considère au moins ceci : à force de catégoriser les autres, les choses, et de s’identifier aussi drastiquement, on finit par être prisonnier de nos définitions.

Ce que tu choisis de croire deviendra ta réalité.

Depuis l’âge de 10 ans je travaille sur moi à m’observer pour me comprendre, m’apprivoiser, m’accepter et me transformer positivement. À 13 ans, j’étais pleinement consciente de l’emprise des démons dans ma tête et je savais très bien que si je ne trouvais pas des moyens de prendre le dessus, ils me tueraient.

Pour savoir ça, j’étais connectée à moi. Même aux très laides versions de moi. L’introspection, sous une tonne de formes différentes : je connais. Et je suis très loin d’avoir terminé mes expériences de ce côté.

Chacun son parcours, chacun ses programmations, chacun ses difficultés, mais on est pas si différent.

On cherche tous, d’une manière ou d’une autre, à se faire aimer des autres, à être plus en confiance, à plaire, à se comprendre et aider les autres tout en étant capable de se respecter totalement et de définir nos propres limites.

Sommes-nous tous des sauveurs pour autant? Non, je ne crois pas.

On est tellement sollicité de partout qu’on condamne notre voix intérieure pour suivre celle des autres. (In)consciemment, on achète leurs croyances, leurs méthodes, leurs idées et, parfois même, leurs buts.

Quand ton éthique dépasse les bornes

Je suis quelqu’un de très éthique : à cheval sur mes principes comme on dit.

Au fil du temps, j’ai réalisé que c’est quasi une doctrine qui dirige de front ma réalité.

Comme si j’étais gouvernée par un système de valeurs devenu aride et malsain dans l’intensité de la pratique quotidienne.

Je suis contre le gaspillage alors je me rends (malade) responsable et je m’engage à ne pas gaspiller la moindre nourriture.

Je suis pour l’entraide alors j’enterre mes désirs et mes besoins sous une roche pour me mettre au service des autres.

Je suis pour l’ouverture alors je m’efforce de ne pas faire de vagues et d’aider mon prochain du mieux que je peux. Autrement, je pourrais passer à coté de quelque chose ou déranger et, forcément, je mériterais d’être puni.

Je me suis mise sur le pilote automatique de principes à leurs extrêmes et ça n’a rien d’agréable. C’est devenu lourd.

Sans m’en rendre compte, j’ai arrêté d’écrire sur mon blogue. Pourtant j’adore écrire, mais si je veux être lu, je dois écrire pour les algorithmes et le SEO et je vous jure que ça n’a rien à voir avec la structure de ce texte. Ça te casse un élan naturel d’inspiration!

Comme je le disais plus tôt, quelque part, en cours de route, je me suis laissée tomber. Je me suis laissée derrière parce que les autres sont devenus plus importants.

À force d’écouter le bruit autour de moi, mes valeurs ont pris un tout autre sens.

J’ai commencé à m’imposer et me juger au nom de la soi-disant vérité : « Si tu veux réussir, travaille fort. Si tu veux avoir du succès, apprends à faire ci ou ça comme moi. Si tu veux recevoir, donne. Si tu veux être heureux sois reconnaissant. Etc. »

Plusieurs de ces déclarations font du sens, mais faut quand même pas virer fou. La réussite, le bien-être, c’est pas une dictature!

C’est pas non plus une destination. Tu vas pas te lever un matin et pouvoir cocher sur ta jolie bucket list : maintenant je suis reconnaissant donc je suis heureux ou dorénavant j’ai confiance en moi et je respecte toujours mes limites.

C’est un travail constant, celui de toute une vie.

Tous les jours, depuis trop longtemps déjà, je mène un combat contre moi-même à grands coups de oui alors que j’ai envie de dire non.

Pour toutes sortes de raisons, mais surtout parce que, quelque part, j’ai acheté la croyance que les autres avaient les bonnes réponses.

Je suis pas en train de me frapper sur la tête avec une pelle. Je prends juste conscience, une fois de plus, qu’aujourd’hui je ne suis pas heureuse parce que j’ai condamné ma voix intérieure, celle qui me guidait.

Elle, je l’ai frappée pour la faire taire et c’est pour ça que j’ai été aussi mêlée, frustrée, insatisfaite et surtout très fatiguée d’aller à l’encontre de qui je suis et de qui je souhaite devenir.

Cette croyance insidieuse, je la paie très cher depuis maintenant un peu plus d’un an. C’est elle qui est en contrôle et je peux vous garantir qu’elle n’apporte absolument pas les résultats dont je rêve et pour lesquels je travaille si fort.

Non, elle me sabote littéralement d’un bout à l’autre parce que j’en suis venue à croire que je ne fais juste rien de correct au fond.

C’est vrai, il y a toujours quelqu’un pour me faire remarquer que je ne fais pas la bonne chose, au bon moment, que je ne travaille pas assez fort, que j’étudie pas les bonnes affaires, que j’investis pas bien mes énergies… Pire encore, pour me coller une nouvelle étiquette!

Si j’écoute les autres, je vis chaque jour dans leurs perspectives, leurs croyances et leurs illusions.

Tous ça ne m’appartient pas. Tous ça contribue à détraquer mon système de valeurs pour m’effacer un peu plus, m’éloigner de mon essence véritable, de mon unicité et de mes objectifs.

La nécessité d’atteindre ses limites pour avancer

La bonne nouvelle c’est que je suis convaincue, pour l’avoir expérimenté à maintes reprises dans ma jeune existence, qu’il est nécessaire d’atteindre ses limites pour pouvoir avancer et grandir.

Faites juste regarder autour de vous : on vit dans des extrêmes et c’est aussi par les extrêmes qu’on se transforme et qu’on améliore les choses.

Alors j’accepte d’être allée dans l’extrême même s’il est dur pour moi.

Avant j’étais trop tranchante, maintenant je suis trop molle et à partir d’hier (ce moment où j’ai quitté le stationnement de l’épicerie sans même y entrer pour acheter la sauce à spag que j’avais pas envie d’aller chercher, ni de cuisiner, mais que je m’imposais de faire parce que… ) je suis sur la route pour redonner le pouvoir à mon intuition et mes envies.

J’ai choisi d’entreprendre pour grandir et contribuer selon mes propres rythmes et standards, bâtir un mode de vie qui me correspond pleinement.

C’est de la folie furieuse d’agir sous prétexte que, si je suis ouverte et aidante, je ne peux pas dire non parce que c’est contradictoire et que ça ne fait pas de sens.

Que je le veuille ou non, MA vérité c’est que je suis pleine de contradictions, de non-sens, et que les assumer me rendrait pas mal plus heureuse quitte à en déstabiliser une gang au passage.

Je crois qu’on est tous endommagé d’une certaine manière parce qu’on vit des chaos et des duels intérieurs jusqu’au jour où on atteint une limite.

Notre limite, celle qui marque le débute d’une progression.

Chaque jour, je travaille à me déprogrammer et me reconditionner. Chaque minute j’ai le choix et le défi de rester consciente, de me réinventer, d’être présente et connectée à moi.

J’ai atteint ma limite du bruit extérieur. À présent, j’écoute ma voix intérieure.

Toi, qui écoutes-tu?

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